HoRatio courageux, Siddhat reveur, Atma capricieuse

Il y a tellement de choses à écrire encore que je ne sais pas s’il faut commencer…

Alors je crois que vais laisser passer un peu de temps, pour décanter ces nombreuses expériences, quitte un jour à reprendre le clavier pour tenter un petit résumé, ou peut-être même pour d’autres voyages !

Du coup il me semble qu’une petite histoire, que j’aime beaucoup, pourrait servir de « mot de la fin ». Et puis qui sait, cela pourrait inspirer d’autres projets ?…

……

Il était une fois, il y a bien longtemps, deux amis lutins, HoRatio le courageux et Siddhat le rêveur, qui par le plus grand des hasards, se sont retrouvés prisonniers d’une grosse boite vivante et capricieuse, du nom d’Atma.

Chaque jour, la grosse boite laissait libre court à ses humeurs, tantôt déclenchant d’effroyables tremblements de terre et de puissants ouragans, tantôt érigeant sur ses plaines des forêts de génoise et de chocolat, parcourues de rivières de miel.

La vie pour HoRatio et Siddhat était bien étrange, jamais prévenus à l’avance des humeurs d’Atma. Mais curieusement, Siddhat ne paraissait pas dérangé par tout ce tumulte, paisiblement assis sur sa colline, fasciné par ces extraordinaires bouleversements.
HoRatio, lui, bouillait de colère, ballotté sans cesse, sans raison. Alors un jour il décida de partir explorer cette grosse boite, dont il fallait après tout bien s’accommoder, laissant  ainsi Siddhat le rêveur a sa colline.

Il marcha jour et nuit, escalada les montagnes enneigées d’Atika, coupa a travers les forêts de Pallagrim, franchit les océans interminables d’Outaran et à mesure que les jours  et les mois passaient, il commençait à comprendre ce qui faisait rire et pleurer Atma. A tel point qu’après des années de quête, il n’avait plus qu’à penser à ce dont il avait envie, et Atma lui obéissait, exhaussant tous ces voeux, fusse une solide et jolie maison où s’abriter, une prairie où récolter pêches, cerises et poires à longueur d’année, un ruisseau d’eau claire et pure où s’abreuver. Il était même parvenu à contrôler les terribles tremblements de terre qu’Atma déclenchait à souhait.

Heureux et satisfait, il en avait presque oublié Siddhat.

Un jour il se rendit compte que son ami lutin lui manquait beaucoup. Alors il décida de partir le retrouver. Armé de son courage et faisant confiance à ses souvenirs, HoRatio pris donc le chemin du retour, le coeur léger.

Mais chaque fois qu’il franchissait une montagne, une forêt ou un autre océan, il se rendait compte qu’il faisait fausse route. Son pouvoir sur Atma était tel qu’à peine avait-il cru reconnaitre le chemin du retour que les vallées, les montagnes et les plateaux se transformaient selon ses envies. Les océans se raccourcissaient lorsqu’il les trouvaient trop longs, les montagnes s’abaissaient lorsqu’il ne trouvait pas de col pour les franchir. Chaque jour il sentait son ami s’éloigner un peu plus, finissant par croire qu’il ne le reverrait jamais plus.

Il finit par s’arrêter de marcher, épuisé, au sommet d’une colline où poussait un grand et très vieux saule majestueux. S’abritant sous son ombre, il commença à réfléchir. Il fallait bien se rendre a l’évidence : HoRatio le courageux était découragé.
Il maudissait cette boite infernale de laquelle il était prisonnier, tout autant que sa propre idée de vouloir la contrôler.

Noire comme son humeur, le ciel commença à se couvrir et le tonnerre à gronder : Atma lui obéissait encore une fois.
Alors effrayé, il se refugia dans un creux de l’écorce du saule, espérant qu’Atma le laisse enfin tranquille.
A l’intérieur, il n’y avait pas de bruits, l’air était frais et seule une petite brise parvenait de la tempête qui grondait à l’extérieur. Ici HoRatio se sentait enfin bien, le silence pour compagnon, l’écorce pour bouclier.
Alors il se dit que si Atma lui obéissait au doigt et à l’oeil, il devait arrêter de chercher. Parce que tout ce qu’elle ferait ne lui montrerait qu’une chose : qu’il cherchait son ami, et pas qu’il l’avait trouvé !

L’orage passé, HoRatio sortit du coeur du saule, cette fois simplement décidé à continuer sa route, suivant le cours des rivières quand il ne pouvait les traverser, s’abritant de la pluie quand elle était trop forte, se reposant à l’ombre d’un arbre quand il faisait trop chaud.

Au milieu d’une magnifique vallée verdoyante et couverte de fleurs rouges et orangées, le tintement d’un carillon attira son attention, habituellement exclusivement réservée a ses pensées.

A mesure que le son devenait plus clair, les arbres se multipliaient et l’herbe devenait régulière et douce. Une rivière serpentait dans le creux de la vallée et il eu envie de la remontrer jusqu’a sa source. Filtrant de la montagne, celle-ci jaillissait en une cascade claire et vivante dans un petit lac bleuté.
Près de la rive, sur un grand rocher poli par le temps, Siddhat se tenait assis, le regard rêveur, comme à son habitude.
« – Tu en as mis du temps.
– Comment ça « j’en ai mis du temps » ?… Tu m’attendais ?
– Oui mon ami. Depuis bien longtemps. Bien plus longtemps que tu ne peux l’imaginer. Peut-être même avant ton premier souvenir…
– Ho mon Siddhat, je suis si content de te revoir ! », HoRatio saisit son ami pour lui donner une longue accolade. « J’ai cru ne jamais te retrouver… Sais-tu que j’ai parcouru les plaines et les vallées, escaladé d’innombrables sommets enneiges, traversé des cyclones et des ouragans ? Sais-tu aussi qu’Atma la capricieuse obéit à ceux qui la connaissent ? Sait-tu enfin, mon cher Siddhat, qu’il n’y a pas besoin de la dompter, car elle peut être notre amie ?
– Oui, bien sur.
– Mais ?!…
HoRatio était perdu, il ne comprenait pas pourquoi son ami ne lui avait pas parlé avant de partir pour ce si long voyage.
– Mais pourquoi ne me l’as-tu pas dit ? Pourquoi m’avoir laissé braver Atma la capricieuse si tu savais ce grand secret ?
– Aurais-tu alors cru, mon très cher HoRatio, un simple lutin rêveur, perché sur sa colline ? »

……

Merci a ceux qui ont été de la partie au cours de ce beau, vivant et étonnant voyage.

Il manque évidemment les 2’500 autres qui voudront bien, j’espère, me pardonner…

Publié dans Mot de la fin | 1 commentaire

Petra, ville rose de Jordanie

A deux jours de la fin de cette epopee, je fais une halte a Petra, la ville « rose » de la Jordanie, dont on m’a tant de fois parle ces derniers mois. Et puis c’est aussi l’occasion de reprendre doucement contact avec un monde qui, j’en suis sur, ne manquera pas de me surprendre en rentrant…

Alors en ces temps d’actualite agitee, j’espere que les decors d’Indiana Jones (Et la Derniere Croisade) sauront faire voyager mes amis lecteurs, encore un peu.

Mais juste avant Petra, il y a l’indispensable etape aeroportuaire de Delhi. Histoire de rigoler…

Vous reconnaissez la noix de coco sur la liste ?!

Bon voila, c’est a peu pres tout pour l’etape « avion ». Un peu maigre. Quoique le slogan de Kingfisher (l’une des plus grandes compagnies indiennes) peut etre prise avec un certain humour… Juste avant le decollage, le Capitaine annonce tres fierement : « Bienvenus a bord de cet ATR72, veuillez attacher votre ceinture. J’espere que vous apprecierez l’experience Fisherking », les moteurs a helices vrombissant dans la seconde, l’avion s’arrachant du sol avant la moitie de la piste, un grand coup de vent deportant l’avion a quelques metres du sol… Youhouuuu, Tango et Cash sont aux commandes ! Bref.

Et puis 10 heures plus tard, je me remplis les yeux des merveilles architecturales du peuple nabateen.

Les services de transport s’organisent plutot pas mal dans le coin…

Evidemment, la modernite et l’economie ont quelques modifie les habitudes :

Et puis on peut aussi trouver des Bedouins tres courageux, ayant visiblement pratique le Power Hatha Yoga ou les acrobaties, au choix :

(en cliquant sur la photo on peut voir, en equilibre sur l’urne principale, un monsieur en train de faire… le poirier !!! Beaucoup d’humour ce bedouin 🙂 )

Mais en oubliant les centaines de touristes alentours, on peut tres facilement voyager 2’000 ans en arriere, l’espace de quelques heures…

 

Voila pour cette visite express de la Jordanie et de Petra.

Je profite des quelques derniers instants dans le desert pour commencer un bilan de ce long voyage.

Et pour sur, il faudra quelques jours pour me poser et faire la part des choses. Mais je peux d’ores et deja admettre qu’il aura ete une merveilleuse occasion de regarder « a l’interieur » et ce, en allant voir loin « a l’exterieur »…

Publié dans Jordanie, Petra | 9 commentaires

Be flexibeulllll

Me voila donc a Bhagsu, une petite ville du nord de l’Inde, pres de Dharamsala.

La je suis venu rencontrer un yogi dont on m’a dit le plus grand bien… Pourquoi lui ? Pourquoi Bhagsu ? Il y en a un bon paquet des yogis epatants en Inde apres tout. Et ben ‘sais pas. Mais j’ai je sentiment que le « courant » me le dira…

Ce monsieur pratique et enseigne le « Power » Hatha Yoga (une forme tres tonique de Yoga), l’Ashtanga Yoga (une autre forme encore plus musculaire) et, a ma grande surprise, certaines formes de meditation tantriques.
NDLR (c’est trop cool cette abreviation, j’adore 🙂 ) : le tantra a connu une diffusion fulgurante dans le courant des annees 70, mais essentiellement sous sa forme sexuelle (le sexe tantric). Or les pratiques tantriques revetent d’innombrables formes telles que la danse, le chant, la meditation, les mantras, les exercices respiratoires.
Ceci etant pose, on peut donc parler de tantra sans descendre en dessous de la ceinture…

Certains considerent que le yoga et les pratiques tantriques sont des raccourcis sur le chemin spirituel, une sorte de voie speciale pour passer un coup de fil direct au Grand Monsieur La-Haut.

Evidemment, c’est comme tout, faut savoir ou on met les pieds et sans cesse se poser la question « Mais ou je suis la exactement, et qu’est-ce que je fais au juste ? », sinon on risque de faire un exces de vitesse, et de se retrouver a faire des bisous aux vaches parce qu’on trouve que ce sont les plus beaux animaux de l’univers (non pas qu’elle ne soient pas adorables ces grosses bestioles mais quand meme)…

Attention donc a ce que l’on fait, et a qui on confie son petit capital neurones…

C’est donc reparti pour 3 semaines de « lever 6h-meditation-yoga-dejeuner vegetarien-yoga-meditation-diner vege… t’as -presque- rien » 🙂

Ha au passage, comme ca fait maintenant pres de 4 mois que, presque par la force des choses, mon regime alimentaire est plus proche de l’herbivore que du carnivore (‘ai pas mange un steak depuis des lustres), je voulais temoigner du fait que sport et vegetarisme sont compatibles, et que pour ce qui est du yoga (une activite physique douce), c’est carrement un vrai plus. Voila……. « Merci Professeur Roliiiiiiiiin » 🙂

Sylvain fait donc du Yoga :


Notez la tenue de champion, qui m’a valu quelques commentaires tres interessants pour l’ego durant les premieres seances…

Et puis pour avoir une idee plus precise de ce que pratique ce fameux yogi, voici quelques autres postures, evidemment impossibles a realiser pour bibi…

Ha oui : Monsieur passait juste par la quand j’essayais de prendre mes photos, et l’idee lui plaisant, il a fait tout ca A FROID… bien entendu.

Pour les pratiques tantriques, je debute. Donc difficile de resumer. Mais je peux tenter une fois rentre au bercail. Le 5 mai.

Programme des 15 derniers jours : massage ayurvedic, yoga et meditation. Il faut profiter un maximum, l’occasion sera certainement plus difficile a recreer plus tard…

Publié dans Bhagsu, India | 4 commentaires

Une etape indienne parmi d’autres

32 degres, assis sur un banc use en beton de la gare, j’attends le train qui m’amenera a Dharamshala, depuis Rishikesh.

Dharamshala, c’est la ville ou s’est refugie le Dalai-Lama lorsque la Chine a envahi le Tibet, en 1950, mais c’est aussi un formidable spot pour les amateurs de Yoga : j’ai en effet decide de consacrer ce dernier mois de voyage a l’etude du Yoga, et de rencontrer si possible quelques yogis hors du commun…

M’enfin la je suis a Rishikesh, sur le quai de la gare desert (seul un saddhu en train de faire ses besoins a-meme la voie ferree me tient compagnie), et je lutte contre une colonie de mouches comme j’en ai rarement vues.

C’est un emploi a plein temps, a peine a-t-on balaye l’une que l’autre vient se poser exactement au meme endroit. Et lorsqu’elles prennent pour cible votre bou-bouche, vous essayez de surtout pas penser a ou elles se sont posees avant, vu que leur principale nourriture se trouve etre les dejections des animaux errants du coin.
Il fait de plus en plus chaud, les pigeons, corbeaux et autres aigles planent au-dessus des la gare, dans un ciel fige, l’odeur d’excrements alterne avec l’odeur d’excrements.

Le trajet s’annonce encore une fois epique, mais terriblement excitant : on ne sait jamais ce qu’on va y trouver, dans le train !
Une fois a l’interieur, je prends place sur ma banquette, partagee avec une famille indienne au complet. Je deviens alors l’attraction : mami me regarde avec des yeux farceurs et amuses, papa a l’oeil suspicieux, maman essaie de voir si elle peut caser une de ses filles, miss et princesse passent en mode « furtif » (un regard desabuse lorsque commence a ecrire, un autre par dessus l’epaule lorsque je regarde par la fenetre), junior me fixe, la goutte au nez. 10 heures de spectacle en perspective pour toute la famille ! Mieux qu’au cinema 🙂
Dans le train les heures se succedent au rythme des vendeurs de lentilles grillees et epicees, de « Chai Tea », de Dhali, de bouteilles d’eau et de soupes de tomates, chacun y allant de sa signature vocale : « Tomaaaaato souuuup ! », « Tooooomato souuuup ! », « ToooohO’mato-souuuup ! ». Du coup on attend le prochain avec impatience, curieux de voir ce qu’il aura trouve comme refrain.
Vers 20:00, des clap-claps retentissent au fond du wagon, s’arretent puis reprennent de plus belle pour se rapprocher doucement : une croisade de transexuels passe « demander » une contribution pour leur statut ignore en Inde. La technique est simple : tu donnes, elles s’en vont, tu donnes pas, tu te fais moukater jusqu’a ce que tu aies honte et que tu donnes 🙂 Au passage tu ecopes de quelques palpations ciblees, histoire de te presser un peu…

Mais c’est l’heure d’aller aux toilettes.
Alors je me dirige vers la jonction du wagon la plus proche, m’apprete a ouvrir la porte de la salle du trone mais quelque chose m’arrete. Je sens une presence dans l’ombre des etageres a bagages.
Assis a meme le sol, entre deux valises et la grille de la deuxieme rangees de bagages, un saddhu me fixe de ses yeux noirs, totalement immobile. Exact, right buddy : la bete etrange ici c’est moi 🙂

De retour a la banquette, j’ai un doute sur l’heure d’arrivee a Dharamshala. A peine ai-je pose la question a ma gauche que voila 6 autres indiens a ma droite, curieux de voir ce que j’ai a dire, en train d’essayer de m’aider, avec les quelques mots d’anglais qu’ils savent, mais aussi l’immense soif de savoir comment on est, comment on vit, nous les habitants des pays « developpes ».

2:00 du matin : le train va s’arreter une fois de plus et l’un des passagers qui m’avait entendu parler de Dharamshala quelques heures plus tot, se leve expres pour me dire que c’est le moment de descendre, et va se recoucher aussitot !

2:30 : je monte dans un rickshaw, tout seul avec….. 11 autres personnes. Le moteur de tondeuse a gaxon s’ebroue et demarre laborieusement, et nous voila secoues comme des sacs a patates, entasses (ou plutot projetes continuellement) les uns sur les autres, en route vers la gare routiere pour attraper le prochain bus.

La je sympathise avec une autre famille indienne, un guide de montagne puis un futur marie, ce dernier m’invitant pour le coup a son mariage la semaine prochaine 🙂

6 heures et 220 nids de poules plus tard, je pose enfin mes affaires dans une des petites chambres d’une guest house tenue par des moines, et pars a la recherche de Super Yogi.

L’endroit est calme, l’air est pur, les montagnes sont belles.
On respire et on pense avec grand plaisir aux dernieres 24 heures, se demandant deja ce que sera la suite.

Publié dans Dharamshala, India, Rishikesh | 4 commentaires

Taj Malad’

Quelqu’un m’a dit, il y a une semaine : « La meditation assise c’est juste une introduction. La vraie meditation, c’est quand on est dans la rue. »
Ouaip.
No problemo.
Deja vecu, deja entendu.
Du coup, je classe l’info au rayon du « connu », vu que jusqu’a maintenant ca m’a plutot bien servi dans les experiences de tous les jours.

Vous devinez la suite (par le titre de l’article) : Sylvain mange un fromage indien d’habitude de tres bonne qualite, il se sent pas au top de sa forme et decide de faire un petit somme.
1 heure plus tard il se reveille grelottant, le Nord au Sud, l’impression de regarder a l’Est, mais les yeux qui louchent franchement vers l’Ouest.
3 heures plus tard, la fievre pointe son nez et 4 heures plus tard il fait aussi chaud a l’interieur qu’a l’exterieur : 39 degres…

Les conseils du medecin sont formels : 7 pillules multicolores et au lit pour le reste de la nuit, sous 3 couches de mouton tisse (3 couvertures quoi) : il faut suer pour faire tomber la fievre.

Le lendemain en ouvrant la porte de sa chambre, Sylvain effraie sa photographe de voisine et son kine de voisin.
Bon ya un truc qui va pas, vu leur tronche…
« Wouaip, no problem, je prends le train ce soir pour Agra. ‘veux voir le Taj Mahal ! »
Le kine hollandais leve le manton et me regarde du coin de l’oeil. Je dois vraiment pas etre frais. Merci les copains pour votre franchise.
Alors puisqu’il s’agit de ne pas aller contre le « flot », je prends une journee de repos et pars seulement le lendemain, presque aussi frais que mon fromage indien d’habitude.

Mais voila, l’Inde c’est pas la Thailande, et le voyage en train c’est pas tout a fait la meme chose…
Et puis l’Inde (enfin ce que j’ai pu en voir jusqu’a present bien entendu), c’est… comment dire ? Odorant !!! Pour le moins.
Les premiers jours, c’est youhouuu ! les bouses de vaches sur les marches de l’hotel ? Folklorique ! Les emballages platics qui brulent aux coins de presque toutes les rues ? Utile ! Les eaux usees comme au moyen age (dans l’caniveau) ? Pragmatique !

Mais tres vite, on se rend compte que partout ce sont les memes habitudes : pas de prelevement ou de retraitement des ordures, ni de systeme d’assainissement des eaux usees, pas de retenue sur l’autre sport national (apres le cricket) de Jet de Sachet Plastic dans la Rue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le developpement durable n’est pas au programme pour le moment. Du coup quand on est oblige de souffler tres lentement (et donc d’inspirer bien profondement) parce qu’il ne reste que l’expiration pour soulager la fievre a ce moment-la (on a deja englouti la dose maximale de doliprane), que celle-ci exacerbe les sens (et donc l’odorat), on passe une nuit dans le train dont on se souvient : longue, longue, longue.

Mais pas de panique ! Sylvain a appris a observer l’inconfort tel qu’il est, sans l’augmenter par de l’aversion. Il fera appel a Bouddha et appliquera donc consciensieusement la methode !
Ben c’etait la meditation la plus difficile de son petit bonhomme de chemin, a bibi : la bacterie indienne vaut tres largement la peruvienne 🙂
Mais au final il est plutot content du resultat : il a pu voir le Taj Mahal !

Et pour tout vous ecrire, on a beau etre prevenu que c’est magnifique, une fois qu’on y est, c’est a couper le souffle.

Une vraie merveille d’architecture, et de demesure aussi.

Le palais est totalement symetrique (sous les deux plans verticaux), donc forcement parfois, les panneaux sont un peu deroutants :

🙂

‘pas mecontent de m’etre arrete a Agra pour voir ca.

Demain, cap sur Rishikesh, dans le nord de Delhi.

Publié dans Agra, India, Taj Mahal | 8 commentaires

Le cerf-volant de Benares

« Aller ! Cette fois c’est decide, on part a l’aventure pour les vacances : cap sur le Cambodge pour trois semaines de depaysement complet !! »

A l’approche des vacances, c’est autant une bouffee d’air qu’un renouveau que souvent l’on s’en va chercher loin, tres loin de chez nous.

Alors on commence a regarder le prix des billets d’avion, les dates de vacances scolaires, les hotels sympas (ou les guest houses petit budget), les villes et les temples qu’on pourrait visiter, les excursions loin de l’agitation des villes… on pense parfois meme a choisir notre compagnon de hamac prefere : Monsieur Roman Policier.

Et puis le jour du depart approche et l’excitation est a son comble : on va enfin changer d’air, decouvrir l’Inconnu avec un grand « I ». Voir le Cambodge nature, sans chichis. On va peut-etre meme oser louer une moto et se balader au petit bonheur la chance dans les rues de Vientaine !

Fraichement debarque, on respire intensement ces paysages de cartes postales, on ecarquille les yeux et les narines devant ces etales d’epices et de couleurs, on (r)affole les papilles de ces saveurs epicees, on tente meme de manger dans la rue, comme les locaux, chez le marchant de yahourts et de creme fraiche du coin : ca c’est les vacances, ca c’est l’aventure !!!

……

Mais si on y reflechit bien, est-ce vraiment l’ « aventure » ?

Pas au sens d’ « Indiana Jones a la poursuite du diamant vert », mais plutot au sens de « laissons les rencontres se faire, au petit bonheur la chance et sans penser au prochain rendez-vous avec le planning, vivons pleinement maintenant, ici, avec ceux qui partagent la meme table, et on verra ou on atterit… ».

Car sans s’en etre apercu, on avait deja fixe les limites de l’experience, des le depart, pour que le moins possible l’on ne soit surpris par les evenements, bouscules par l’inattendu.

Normal, on a peu de temps pour profiter des vacances, et peu importe finalement : on a vecu des moments inoubliables, oubliant pour le coup et pour un temps le quotidien. On revient donc au boulot les batteries pleines, et on est pret a manger du lion.

Alors que demander de mieux ?! Franchement ?

Ceux qui me connaissent un petit peu savent que j’aime bien faire les choses avec un objectif,  un plan (de bataille !) et une date cible (ce qui n’est parfois pas une qualite, loin de la !!!). Aussi j’ai toujours ete intrigue (parfois irrite aussi… ha ben oui, chacun ses defauts ;-)) par les personnalites preferant le chemin a la destination, s’en remettant aux elements et aux circonstances pour explorer et vivre le monde, mais avec cette incroyable conviction que de toute facon, « ca va marcher ». Une sorte d’ « Inch Allah attitude », dans le sens optimiste et joyeux de l’expression. Je pensais : « Si on ne cadre pas ses projets, on n’a aucune chance d’obtenir ce dont on a besoin », en gros.

Ben aujourd’hui, pour ma part, c’est devenu faux.

Bon, c’est juste un point de vue personnel bien sur. Mais puisque ce voyage s’avere etre un moment tres privilegie pour les experiences, j’ai decide depuis quelques semaines de changer de facon de voyager, et le moins que je puisse dire, c’est que la vie prend des couleurs assez inattendues (attendez un petit peu plus bas dans l’article…).

Vala.

Enfin……

Pour etre un peu moins partial, je vais dire que c’est…… vrai et faux a la fois !

C’est vrai si on a peur et c’est faux si on a confiance.

Et pire (‘zallez penser que j’ai bugge), c’est vrai si on a confiance et faux si on a peur.

‘s’agit pas de se poser au coin de la rue, de tendre la main et d’attendre que la bonne fortune veuille bien passer par la.

‘s’agit pas non plus de devenir le « Yes Man » de Jim Carrey et d’etre partant pour tout type d’experience, meme celle de la grand-mere et son dentier (avis aux amateurs de ce genre  cinematographique !), bien evidemment.

‘s’agit juste de se laisser porter par le flot, utilisant le courant plutot que le forcant.

Presque une lapalissade, n’est-ce pas ?

Mais alors pourquoi a-t-on si souvent l’impression que les choses ne se deroulent decidement pas en notre faveur, malgre toute l’energie qu’on y met ?

Bref tout ca pour dire que les 4 dernieres semaines ont probablement ete les plus riches de mon gros gateau de voyage, les 6 derniers jours, la cerise.

Petit carnet de route de Bodhnath, Nepal, a Varanasi (anciennement Benares), Inde…

……

Depart le 16 de Katmandu, pour 9 heures de bus vers Lumbini, la ville natale du Bouddha.

J’adore la pub pour la creme capilaire au-dessus du bus : « Monsieur X, qui est en pleine forme et bien dans sa peau (les epaules larges, le sourire serein), recommande la creme Y pour votre reussite sociale (les bagues aux doigts, la montre en or) », mais Monsieur X ne dit pas qu’il a les cheveux teintes et du maquillage sur le front, parce que c’est moins glamour, c’est sur… 🙂

Pendant le trajet, je rencontre un groupe de jeunes en route pour feter la fin de leur scolarite pres de Pokhara,

un epileptique et ses trois crises, une grand-mere tres en colere et un etudiant tibetain, ce dernier m’indiquant l’adresse d’un de ses amis refugie a Lumbini, chez qui je suis invite a passer la nuit et a partager les ENORMES Daal Bhats que son adorable epouse (hindoue !) nous prepare :

J’ai droit a une mini-visite guidee des temples du coin :

et a un velo de pret pour explorer le reste de la ville :

Puis c’est le moment de reprendre la route pour traverser la frontiere, monte sur le toit d’une jeep, et ferocement accroche a sa barre a bagages.

La je rencontre un hollandais en voyage prolonge comme moi, on fait connaissance et on decide de faire le reste du trajet jusqu’a Varanasi en bus et train ensemble :

A la gare, on rencontre une allemande et une kazakhstanaise decidees a rejoindre Varanasi pour la celebre fete « Holy », la fete des couleurs, pendant laquelle, soit dit en passant, la loi du Karma ne s’applique pas (ca veut dire que tout le monde peut faire ce qu’il veut, ca « compte pas » ! :-)).

On trouve une guest house parfaite, pas chere et juste au bord du Gange et on commence a visiter. Deux autres compagnons rejoignent la troupe et nous voila deux jours plus tard prets pour 3 jours vraiment inoubliables…

Picasso etait de la partie…

Mais tout le monde y met du coeur 🙂

Et ce qui est bien aussi, c’est qu’on change de couleur a mesure que la matinee avance…

M’enfin faut quand meme penser a passer a la douche avant de rentrer a la guest house, une douche sainte, bien entendu… Le GANGE !

Le soir approchant, le calme et le silence s’installent…

Et deux jours plus tard, Varanasi degage de nouveau son energie spirituelle, tres, tres loin de la guerre en Libye.

Deux vaches, en pleine meditation.

……

C’est drole comme quelquefois on reconnait dans la nature ou dans les jeux, des paraboles de la vie de tous les jours. Parfois, la similitude est tellement frappante qu’on a l’impression que ca y est ! Le puzzle prend forme…

Vers la fin de l’apres-midi on peut voir, au-dessus des toits de Varanasi, de nombreux petits cerfs-volants tres sommaires, que leur proprietaire, jeune ou moins jeune, tentent d’elever le plus haut possible.

Attendez le grand coup de vent pour que le cerf-volant grimpe tout seul, et celui-ci piquera du nez.

Tirez sur la ficelle comme un forcene, et il troubillonnera sans grimper d’un iota.

Mais tirez de temps en temps, lorsque le vent faiblit, et donnez du mou lorsque le vent souffle, et le voila qui s’eleve petit a petit, doucement, mais surement…

Publié dans Benares, India, Varanasi | 3 commentaires

Nepal, encore un peu…

Bodhnath ca me plait moi.

C’est vrai quoi, les gens i sont gentils et souriants, paisibles et calmes, et par dessus l’marche, tolerants. C’est pas evident de trouver tout ca reuni dans une meme ville quand meme…

Alors puisqu’il y a encore tant a experimenter et a voir ici, j’ai decide de prolonger de 3 semaines mon sejour au Nepal (reduisant donc d’autant mon sejour en Inde, et faisant tomber l’etape moyenne-orientale, soit dit en passant… m’enfin il faut bien faire un choix…).

Voici donc ce qui a rempli mes deux dernieres semaines…

Comme bibi a brule trop de synapses au monastere de Kopan, il a essentiellement explore les alentours de Bodhnath et de Kathmandou. Par consequent, aujourd’hui pas de reflexion intense : juste du voyage, des images, des couleurs.

Ca bouge le soir dans les rues de Bodhnath 🙂

Et puis quelques images de Kathmandou, en touriste :

Necessite faisant loi, les mausolees servent parfois d’echopes…

Puis vient la nuit, et Durbar Square (le coeur historique) prend des teintes presque ufologiques 🙂 :

Et ho ! perles du voyage, quelques rencontres sur le pouce, a la lueur des bougies :

Une petite halte dans un tout, tout petit, minuscule restaurant de the…

et de friandises 🙂

Puis quelques jours plus tard se tient le festival de Shiva aux abords de la riviere qui longe Bodhnath, dans un haut lieu saint nomme Pashupatinath. La communaute hindoue est en effet tres presente au Nepal, et ce jour est « ferie » pour une bonne partie de la population.

Bodhnath est donc un lieu saint pour deux courants religieux (bouddhiste et hindou) qui se respectent mutuellement, et qui pratiquent leur culte plutot harmonieusement.

Qui dit lieu saint hindou, dit aussi cremations, lieu de « passage » des morts. Dans un sens, c’est donc une premiere facette de l’Inde que je peux approcher ici…

Mais il y a aussi une facette plus sympa : la danse traditionnelle indienne :

Alors on continue, pour encore quelques semaines, avant de revenir dans la jungle occidentale…

Publié dans Nepal | 12 commentaires